Politique

UN AVENIR POLITIQUE INCERTAIN POUR GUILLAUME SORO ?

Ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro vit depuis plus d’un an hors de son pays. Présenté comme les favoris pour l’après-Ouattara, le député de Ferkéssédougou semble en perte de vitesse.

Ancien chef rebelle, ministre, Premier ministre, président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro est l’une des personnalités qui auront marqué la vie politique ivoirienne ces dernières années. Le natif de Kofiplé s’était même légitimement vu un destin présidentiel, notamment en 2020.  Mais, aujourd’hui, plus que jamais, la question de son avenir politique se pose.

En exil en Europe depuis plus d’un an, le député de Ferkéssédougou broie du noir. Tombé en disgrâce aux yeux d’Alassane Ouattara, l’ex-leader de la FESCI qui est sous le coup d’un mandat d’arrêt international apparait de plus en plus isolé. C’est que depuis quelques mois, les défections se multiplient dans l’entourage de

Après le départ de Soro Kanigui, Générations et peuples solidaires (GPS), plate-forme des partisans de Guillaume Soro a enregistré le départ d’Alphonse Soro et de la moins connue Thérèse Ouattara. En outre, Soro Kawéli et Alain Lobognon qui n’ont pas renié l’ancien chef rebelle ont choisi de se porter candidats aux législatives à Ferkéssédougou et à Fresco nonobstant l’appel de leur leader à ne pas participer au scrutin.

Soro fragilisé par « Anselmo Bruit »

Outre ces défections et le fait qu’il soit loin du terrain politique ivoirien, Guillaume Soro souffre d’un autre handicap : Son image. De fait, la tenue de la présidentielle malgré les assurances qu’ils avaient données face aux médias en France, la mise en garde d’Emmanuel Macron combinée au soutien du chef de l’Etat français à Alassane Ouattara ont porté un important coup son image.

Aujourd’hui, ses surnoms « Bogota » ou encore « Thieni Gbanani l’enfant terrible » ont été remplacé par « Anselmo Bruit ». Ce pseudo pour dire que l’ancien chef rebelle fait plus de bruits que d’actes forts. L’image du Guillaume Soro ex-chef rebelle craint et respecté a été sérieusement entamée à l’issue de la réélection d’Alassane Ouattara.

Ses critiques à l’endroit du chef de l’Etat ivoirien récoltent plus de railleries que de soutiens. « Au sein des populations opposées à Alassane Ouattara, beaucoup espéraient une action de Guillaume Soro en octobre 2020. Rien n’est venu. Il n’est plus véritablement pris au sérieux », affirme avec le sourire un cadre du parti présidentiel.

Alors que plusieurs sources évoquent de nouvelles défections dans le camp de Guillaume Soro, l’avenir politique du leader de GPS semble s’écrire en pointillés surtout avec le probable retour de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé qui va entrainer une petite recomposition au sein de l’opposition.

Profiter de la décrispation politique ?

Loin de son pays et de ses réalités, Guillaume Soro, s’il souhaite rebondir doit pouvoir avant tout rentrer en Côte d’Ivoire. Dans ce sens, il pourrait profiter de la volonté affichée par la classe politique d’aller vers une décrispation. Même s’il se tient loin des discussions auxquelles son parti n’a pas été convié, l’ancien PAN peut espérer voir son ex-allié prendre une autre loi d’amnistie qui lui permettrait de retrouver son pays. Certes, cette option semble encore bien loin mais, Guillaume Soro, avec son expérience,  est bien placé pour savoir qu’en politique, les choses peuvent aller très rapidement dans un sens ou dans l’autre.

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