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Tensions Ouattara – Soro : Mamadou Traoré en parle

Mamadou Traoré, un proche de Guillaume Soro se prononce sur les tensions entre son mentor et le président ivoirien, Alassane Ouattara. Il a fait savoir que tous ceux qui ont fait la rébellion pour le leader du RHDP sont déçus de l’homme et que Ouattara a encore une chance de ramener la paix au pays.

Les membres du camp Soro qui ont combattu pour Alassane Ouattara au temps de la rébellion en Côte d’Ivoire affirment déjà leur déception contre ce leader du RHDP. C’est ce qu’a fait savoir Mamadou Traoré, un proche de Guillaume Soro qui affirme que le président Ouattara a encore une chance de ramener la paix et la cohésion dans le pays. Celle de renoncer à son troisième mandat et de mettre en place une transition qui devra organiser de nouvelles élections inclusives et crédibles pour que le meilleur gagne. Ci-dessous sa déclaration :

« Il faut qu’on se le tienne pour dit. Guillaume Soro et nous ses compagnons, surtout nous qui avons fait la rébellion, ne détestons pas le gourou du Restaurant comme il déteste en ce moment Bogota au point de lui en vouloir à mort. Nous sommes tout juste déçus de l’homme pour qui nous avons fait la rébellion. Sinon, nous ne le détestons pas.

Oui, nous avons fait la rébellion pour réparer une injustice contre un homme. Nous nous sommes rebellés contre tous ceux qui ne voulaient pas que cet homme soit candidat dans ce pays pour tenter sa chance à la Présidence de la République comme tout bon ivoirien. Nous voulions, à travers la rébellion que nous avons menée, mettre fin au cycle des exclusions d’une catégorie d’ivoiriens. C’est pour toutes ces raisons que nous avons pris les armes.

Et dans notre combat au sein de la rébellion, nous étions soutenus par le gourou du Restaurant et ses proches lieutenants. Dans notre lutte contre l’injustice que ce dernier subissait, nous avions risqué notre vie. Aujourd’hui, nous sommes en colère contre lui parce qu’il a dévoyé notre lutte. Il a fait, pire que tous, une fois au pouvoir, tout ce que nous avons combattu quand nous étions dans l’opposition. Notre combat contre lui n’a rien à voir avec des questions d’ordre matériel.

Notre combat contre lui est d’ordre moral. En effet, il a fait pire que tous ceux que nous avons combattus. Pire que les autres, il a fait du népotisme son cheval de bataille. Pire que les autres ,il a fait de la corruption un acte de gouvernance. Pire que les autres, il a fait de la dictature un acte de gouvernance. Pire que les autres, il a fait de la division des ivoiriens un acte de gouvernance.

Pire que les autres ,il a fait de l’exclusion à l’élection présidentielle un acte de gouvernance. Pire que les autres ,il a utilisé la justice contre les ivoiriens. Pire que les autres, il a fait des milices tribales un instrument de répression des ivoiriens. Pire que les autres, il a fait de l’assassinat des ivoiriens un acte de gouvernance.

Pire que les autres, il a transformé notre pays en une prison à ciel ouvert. Voici pourquoi nous sommes en colère et déçus contre lui. Et comme nous sommes des hommes et des femmes d’honneur, nous avons refusé de l’accompagner dans sa dictature. Sinon, nous aurions pu faire comme tous ceux qui gravitent en ce moment autour de lui qui chantent ses louanges à longueur de journée ,tout juste pour bénéficier de ses faveurs.

Nous aurions pu lui donner l’impression que nous sommes avec lui pour être dans son cocon. C’est ce que la majorité de ceux qui sont en ce moment avec lui font. Mais comme nous sommes des hommes et des femmes dignes, nous avons préféré entrer en opposition contre lui pour nous démarquer de sa position et pour nous faire pardonner par les ivoiriens pour tout le mal que nous leur avons fait en faisant la rébellion afin qu’il vienne au pouvoir. Et comme c’est nous qui nous sommes battus pour qu’il vienne au pouvoir, c’est nous qui allons nous battre pour qu’il perde le pouvoir de la manière la plus démocratique.

Nous ne lui ferons pas cet honneur de le victimiser en lui faisant un coup d’État. S’il part du pouvoir par un coup d’État, il serait une victime. Nous voulons qu’il parte du pouvoir comme un coupable. Et le meilleur moyen de le faire, c’est de le présenter aux ivoiriens et au monde entier avec sa face la plus laide.

C’est de faire en sorte que les ivoiriens le détestent comme jamais et que ce soit ces derniers qui réclament, comme un seul homme, son départ du pouvoir. Et cela est possible. Sauf si, par un coup de baguette magique, il venait à se ressaisir et à faire en sorte que les ivoiriens lui pardonnent toutes ses erreurs de gestion.

Et la meilleure manière pour lui de se faire pardonner par les ivoiriens, c’est de faire une déclaration solennelle dans laquelle, il demandera pardon aux ivoiriens pour son parjure pour ensuite démissionner de son poste, dissoudre le gouvernement et mettre en place une structure de transition qui va se charger d’organiser de nouvelles élections inclusives et crédibles afin que le meilleur gagne. Par cet acte, il gagnera le cœur des ivoiriens et il se fera pardonner par eux.

Mieux, il vivra en Côte d’Ivoire comme Jerry Rawlings a vécu au Ghana avant sa mort. Sa parole comptera dans la vie de la nation. Ses hommes et leurs biens seront préservés. Tous les investissements qu’ils ont faits dans le pays seront protégés. Mais si par malheur pour lui, il se faisait chasser du pouvoir par le peuple, lui et ses hommes perdront tout et ce n’est pas évident qu’ils puissent vivre au pays en toute liberté tellement ils ont réussi à dresser les ivoiriens contre eux.

Le gourou du Restaurant a encore une chance de ramener la paix et la cohésion dans le pays s’il met son orgueil de côté et s’il reste sourd aux chants des sirènes qui rodent autour de lui. »

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