Société

LES RÉSEAUX SOCIAUX ENVENIMENT LA CRISE IVOIRIENNE?

Le rôle des réseaux dans l’embrasement de la situation actuelle de la Côte d’Ivoire ou une opposition à la publication du Journaliste Assalé.

Plutôt que d’aller à la racine d’un problème et les résoudre, comme d’habitude on préfère chercher des sources mineures autours du problème. Et ce travail est principalement devenu le mode d’expression de nos personnalités publiques. En effet la politique ivoirienne est telle qu’on ne peut dire la vérité sans s’apparenter à un clan.

Si tu dis qu’il faut respecter la constitution, on dira que tu es opposant. Si tu souhaites que l’opposition arrête de s’agiter et laisse Ouattara en paix, on dira que tu es pro-pouvoir. Pourtant il n’y a qu’une vérité. Le manque de transparence ou le manque de conviction fait dérailler nos personnalités publiques ( M. Assalé y compris). J’ai cru comprendre à la dernière sortie du journaliste que les réseaux sociaux étaient devenus le marchant de la mort et avaient de facto une grande responsabilité dans la situation actuelle du pays.

Voyant les choses de plus près. En Côte d’Ivoire, nous avons plus de 25 millions d’habitants avec 12,20 millions qui ont accès à internet soit pour le travail, pour les recherches ou diverses besoins. Et nous avons eu 4,90 millions d’utilisateurs de médias sociaux en Côte d’Ivoire en janvier 2020 ( Rapport digital 2020 de ”We are social” et de ”Hootsuite” )Sur ces environs 5 millions d’utilisateurs de média sociaux, il y a des supers utilisateurs ( qui sont toujours connectés), des utilisateurs partiels et les utilisateurs irréguliers. Selon ce même rapport, les grandes villes concentraient plus de 2/3 des utilisateurs d’internet.

Ce qui sous-entend que les villes qui ont été touchés jusqu’à présent contiennent peu d’internautes ( Bonoua, Dabou, Bongouanou, Daoukro, Sikensi, M’Batto etc). Ajoutez à cela, à cette heure où tous les officiels sont sur les réseaux sociaux, une rumeur ne saurait durer plus de 2heures qu’un communiqué sort pour apporter une confirmation ou un démenti. C’est vrai qu à force d’être tout le temps connecté, on a l’impression que la vraie vie reflète les réseaux sociaux, mais cela n’est pas vrai.C’est plutôt la vraie vie qui impacte les réseaux sociaux.

Le déchirement de la population ivoirienne, nul ne peut l’ignorer.Le déclenchement des différentes crises locales a toujours été dû à une action et désaccord local. Qui elle vient se refléter sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, en ce qui concerne la Côte d’Ivoire, rien de nouveau à part un changement de rôle. Du premier coup d’état militaire à maintenant, c’est exactement le même déroulement qui se répète.

À l’époque pourtant les réseaux sociaux n’existaient pas.Il serait donc erroné de résumer le problème des ivoiriens aux réseaux sociaux. Et penser que tout rentrera en ordre si le fameux marchand de la mort n’existait plus. Chaque clan tire l’information en fonction de son parti. La lettre de Amon Tanoh hier en était l’exemple palpable.

Les proches du pouvoir ont retenu que Amon Tanoh désapprouvait le Conseil National de Transition. Les opposants ont retenu que Amon Tanoh était toujours contre le 3ieme mandat. Cela n’est rien d’autres que le reflet de la réalité. La Côte d’Ivoire d’aujourd’hui n’a plus d’idéal ou des principes fédérateurs.

Ce qui est bien pour Pierre fait du mal à Paul et vice-versa. Et cela tous les moyens seront utilisés de part et d’autres pour se faire entendre où avoir l’avantage y compris les réseaux sociaux. Je trouve donc peu courageux d’accuser le moyen que l’origine du problème.

Cet article est un texte d’opinion de Jean Anderson Wilfried

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