Politique

Élections législatives : Mission difficile pour les pro-Gbagbo

Après 10 années d’absence des joutes électorales, les partisans de Laurent Gbagbo ont décidé de participer aux prochaines législatives. Cependant, cet éloignement du champ politique pourrait peser.

Depuis la fin de la crise poste électorale de 2010, les militants du Front populaire ivoirien (FPI), proches de l’ancien président Laurent Gbagbo ont boycotté toutes les élections.

Alors qu’ils continuent de contester la légitimité du président Ouattara, ils ont décidé de participer aux élections législatives. Au total, la plateforme EDS qui regroupe les « Gbagbo ou Rien » (GOR),a présenté 103 candidats sur les 255 sièges. Cette élection sera un test grandeur nature pour ce groupe politique.

Lors des élections précédentes, les proches de Laurent Gbagbo ont constamment appelé au boycott. Et chaque fois, ils se réjouissaient des taux de participation bas selon leurs estimations.

À travers cette démarche, ils se positionnaient comme la force politique majoritaire en Côte d’Ivoire. Ces élections auront donc le mérite de tester réellement leur poids sur le terrain.

Remporter un nombre important de sièges serait assurément le moyen pour le camp Gbagbo de se repositionner durablement dans le jeu politique ivoirien.

Les boycotts et la perte des bastions

Lors de ces dix dernières années, les partisans de l’ancien détenu de la Cour pénale internationale littéralement abandonné leurs bastions politiques du fait des appels aux boycotts.

S’il est clair que la configuration la politique dans l’immédiat de l’après 11 avril 2011 ne permettait pas au FPI de remporter une présidentielle face au duo PDCI-RDR, le parti à la rose selon plusieurs observateurs était en mesure de conserver au moins ses bastions traditionnels en présentant des candidats aux élections locales.

Le fait d’abandonner ces zones a permis au RHDP d’étendre son potentiel électoral. Aujourd’hui le défi est beaucoup plus difficile.

Des militants désabusés ?

Lors des précédentes élections, l’argument utilisé pour justifier le boycott était la partialité des institutions électorales. Jusqu’à ce jour, l’opposition continue de dénoncer la CEI.

Il est probable de voir certains militants vont s’interroger sur l’opportunité de participer élections. Sur les réseaux sociaux, bon nombre d’activistes se dont déjà insurgés contre cette participation aux législatives quelques mois seulement après l’échec de l’improbable Conseil national de la transition et de la désobéissance civile.  

En tout état de cause l’enjeu pour ces élections est grand. D’un côté, le RHDP a besoin de la majorité pour conforter son pouvoir.

De l’autre côté, l’opposition a besoin de rafler le maximum de sièges pour avoir un moyen de pression sur l’exécutif ivoirien qui semble intouchable. Dans cette configuration, les « pro-Gbagbo » auront clairement du pain sur la planche.

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