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EDUCATION: L’ECOLE IVOIRIENNE VA À VAU-L’EAU ?

Après plus de 10 années de crise politique et sociale, la Côte d’Ivoire a renoué avec la croissance économique de l’ordre de 8% par an en moyenne ces dernières années (2010-2020).

Le pays fait désormais figure de puissance économique sous régionale, contribuant à plus du tiers du PIB de l’UEMOA et 60% de ses exportations agricoles. Cependant, l’une des questions fondamentales pour l’avenir de la Côte d’Ivoire aujourd’hui est de déterminer comment maintenir la trajectoire de croissance accélérée permettant non seulement de réduire les inégalités et surtout d’accroitre le capital humain pour soutenir le progrès ?

De quelle ressource humaine dispose aujourd’hui la Côte d’Ivoire pour assurer la productivité du travail et l’innovation technologique capable d’engendrer une croissance soutenue et la diversification de l’économie ?Autrefois considéré comme un des fleurons éducatifs de l’Afrique de l’Ouest, le système éducatif ivoirien reste aujourd’hui moins performant, malgré les efforts du gouvernement.

Le rapport 2017 de la Banque Mondiale sur la situation économique de la Côte d’Ivoire intitulé : « le Défi des compétences : pourquoi la Côte d’Ivoire doit réformer son système éducatif ? » le démontre à souhait. Les résultats scolaires sont insuffisants puisqu’à la fin du primaire, les jeunes Ivoiriens, d’après les indicateurs, lisent et calculent moins bien que les jeunes Burundais, Burkinabés et Sénégalais. Au bout du compte, la qualité de la force de travail ne correspond pas aux attentes du marché du travail.

La Côte d’Ivoire est classée 172ème sur 188 pays dans le classement des Nations-Unies sur le développement du capital humain dans le monde. De plus, selon le rapport PASEC 2014, les jeunes élèves Ivoiriens entament le cursus primaire avec des compétences en français très faibles, voire inexistantes.

Et malheureusement, l’école ivoirienne ne parvient pas à hisser la majorité de ses élèves au-dessus du seuil « suffisant » de compétence, et ce, aussi bien en début qu’en fin de scolarité. La majorité de ces élèves éprouve d’importantes difficultés en langue et en mathématiques dès le début du cycle primaire et ne parvient pas à progresser au fil de la scolarité de manière à maîtriser les compétences clés.

Les écoles publiques, et en particulier celles du milieu rural, ne proposent pas encore des environnements favorables (équipements des classes et infrastructures de l’école) à un apprentissage de qualité pour tous les élèves qui entrent au primaire. Quel capital humain portera donc l’émergence de la Côte d’Ivoire et soutiendra la croissance économique de ces 10 dernières années?

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