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Décryptage: En 2010, c’était tous contre Gbagbo maintenant c’est tous contre Ouattara

Ce texte est une chronique d’opinion de l’écrivain Lebel N’GORAN.

Si vous aussi, vous voudrez qu’on publie vos textes, faites nous les parvenir.« Brûler les bus, les véhicules officiels c’est simplement brûler un patrimoine collectif. La violence sur les biens, les personnes n’est pas nécessaire et est totalement improductive. C’est reparti pour un cycle de violence. Bander les muscles, se faire mal…

En 2010, c’était tous contre Gbagbo. Maintenant c’est tous contre Ouattara. En 2010, la constitution s’est adaptée à un candidat. En 2020 un candidat fait adapter la constitution. La Cedeao, L’Onu, la communauté internationale deviennent étrangement muettes. Les artistes, les leaders d’opinion sont muets. En 2010 c’était le criminel Gbagbo, le fou, l’assoiffé de pouvoir. En 2020 c’est chuttt.

Aujourd’hui Soro Guillaume est traité de petit garçon, Bedié de vieux aigri… Ouattara a réussi à liguer tout le monde contre lui. Bravo ! Le problème dans le fond ce n’est pas Ouattara lui-même. Ce sont les ivoiriens et leur rapport à la vérité. Quand les ivoiriens s’associent à un homme qui s’allie avec des forces armées pour s’installer, qui engage un embargo médical sur le pays, qui fait bombarder la résidence présidentielle, qui ne tient pas parole, qui se conduit en empereur, ils espèrent quoi ?

Dans un passé pas si récent, Churchill avait dit à Chamberlain quand il est allé voir Hitler : « Vous avez dû choisir entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ! »En 2010, en voulant éviter le chaos, on a ouvert un boulevard vers le KO. Les succès de Yao Ndré et ses devanciers sont toujours possédés? Si les Ivoiriens sont incapables de dire non à un ordre immoral ou inconstitutionnel, alors nous n’avons pas de pays, d’Etat. Évitons les élections… Mon avocat me disait un jour entre deux phrases :  » Ce que j’aime, chez toi c’est ta cohérence.

Tu gardes toujours la même ligne ». Les Ivoiriens adorent les zigzags politiques, intellectuels majoritairement. Pendant qu’il est encore temps, trouvons les ressources pour régler notre problème. Le cycle des violences doit s’arrêter. Comment arrêter la spirale de la violence ? Comment gérer ces moments de troubles qui s’annoncent? Nos politiciens ont tous échoué. Tous. D’où viendra le messie ?

La société civile va t-elle rester à observer ?Nous devons apprendre à affronter la vérité. Dialoguer et régler nos problèmes nous-mêmes. En 2020, on ne va pas remettre encore et encore notre linge sale devant le monde entier. Les ivoiriens doivent développer leur capacité à affronter la vérité. Il s’agit de se libérer en affrontant la vérité. »

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