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Côte d’Ivoire: Ouattara brave des recommandations des UN et de HRW

En Côte d’Ivoire, le gouvernement a décidé, mercredi, la prorogation de la mesure de suspension des marches, sit-in et autres manifestations sur la voie publique, en dépit des appels des organisations internationales.

« En vue de prévenir les troubles à l’ordre public, la mesure de suspension des marches, sit-in et autres manifestations sur la voie publique, sur toute l’étendue du territoire national, est prorogée jusqu’au 15 décembre 2020», annonce un communiqué du gouvernement. Le gouvernement explique sa mesure par « les conséquences du bilan humain et matériel des précédentes manifestations et des risques de troubles à l’ordre public ». Cette annonce intervient dans un contexte de crise socio-politique marquée par les violences qui ont émaillé le scrutin présidentiel du 31 octobre 2020.

Au moins 85 personnes sont décédées à l’occasion des manifestations en Côte d’Ivoire contre la candidature du président Alassane Ouattara, à un troisième mandat jugé « anticonstitutionnel ». Pour l’opposition, il est clair que la mesure d’interdiction des marches, viole les dispositions de l’article 20 de la constitution ivoirienne qui stipule que « les libertés d’association, de réunion et de manifestation pacifiques sont garanties par la loi ».

« (…) Nous avons constaté qu’à chaque fois que nous programmons quelque chose, ils prennent des décrets. Nous sommes dans un pays non démocratique », se désolait récemment N’dabian Adèle, membre du PDCI et présidente des femmes de la CDRP (plateforme de l’opposition). Les autorités ivoiriennes restent pour l’heure sourdes aux appels incessants des organisations internationales, exigeant le respect du droit à la liberté d’expression et de réunion, ainsi que la libération des opposants arrêtés.

Déjà le 9 novembre dernier, Michelle Bachelet, la Haut-commissaire des Nations Unies (UN) aux droits de l’homme, exprimait « de sérieuses préoccupations concernant l’arrestation de plusieurs responsables de l’opposition » et exhortait à l’occasion « les responsables politiques de toutes les parties à travailler ensemble pour apaiser les tensions par le dialogue – et non par des mesures de sécurité brutales et des arrestations ».

Jim Wormington, chercheur senior auprès de la division Afrique de Human Right Watch (HRW), dans son dernier rapport relatif à la situation socio-politique en Côte d’Ivoire, indique que « le respect du droit à la liberté d’expression et de réunion, y compris pour les leaders de l’opposition et leurs partisans, sera un élément clé pour une résolution pacifique de la crise actuelle.

Pour l’heure, les opposants arrêtés dont certains sont détenus dans des endroits tenus secrets, demeurent en prison. Le dialogue politique censé ramener le pays à la normale, semble avoir pris du plomb dans l’aile. L’opposition conditionne l’ouverture d’un quelconque dialogue qu’après la libération des prisonniers politiques.

« Il n’est point question de succomber à ce chantage odieux, à cette surenchère nauséeuse et inacceptable de la part du chef de file de l’opposition », a riposté Adjoumani Kobenan Kouassi, porte-parole du RHDP (parti au pouvoir).

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