Actualité

Côte d’Ivoire: la tension monte avant les élections

Samedi 22 août, le président doit être investi candidat à un troisième mandat, ce que l’opposition conteste. En interdisant les manifestations sur la voie publique jusqu’à mi-septembre, la Côte d’Ivoire semble craindre que le coup d’État au Mali galvanise l’opposition ivoirienne.

Le timing interpelle. Au lendemain du coup d’État au Mali voisin, la Côte d’Ivoire a interdit les manifestations sur la voie publique jusqu’au 15 septembre « dans le cadre de l’état d’urgence ». Alassane Ouattara craindrait-il que le soulèvement populaire malien des dernières semaines, qui a mené au putsch mardi 18 août, galvanise l’opposition ivoirienne ?

Le pays doit rester vigilant

La décision intervient une semaine après des manifestations qui ont fait six morts dans plusieurs villes du pays. L’opposition critique la composition de la commission électorale et conteste à Alassane Ouattara (78 ans) le droit de se représenter à un troisième mandat lors de l’élection présidentielle prévue le 31 octobre. Pour la juriste experte en droits humains Sylvia Apata, « compte tenu de la présence de personnes armées dans les manifestations, l’État est en droit de faire régner l’ordre », mais il serait préférable d’encadrer les rassemblements. « Plus on interdit, plus il y a de risques de créer une révolte », note-t-elle.

Toutefois, « une tentative de coup d’État en Côte d’Ivoire ne paraît pas particulièrement imminente ou probable », estime Tristan Guéret, analyste spécialisé sur l’Afrique subsaharienne au sein de Risk Advisory Group (cabinet londonien de conseil en gestion des risques). Cependant, le pays a déjà connu un putsch en 1999 et une tentative de coup d’État en 2002. En 2017, une série de mutineries a affaibli l’autorité du président.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page