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Côte d’Ivoire : à la veille du scrutin présidentiel, Laurent Gbagbo invite les acteurs politiques à la négociation

D’un ton conciliant, l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, dont la candidature à la prochaine présidentielle a été invalidée, a lors de sa première sortie médiatique depuis son acquittement par la CPI, appelé tous les acteurs politiques ivoiriens au dialogue et à la responsabilité.

Il est le grand absent de la présidentielle en Côte d’Ivoire, une ombre qui plane au-dessus du pays et dont la parole était suspendue depuis près de dix ans et son arrestation par les forces qui combattaient pour Alassane Ouattara avec l’appui de la France et des Nations unies.

Pour sa première sortie médiatique depuis son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI), l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo (photo), s’est voulu conciliant en appelant tous les acteurs politiques ivoiriens à « la négociation » pour éviter, dit-il, « la catastrophe » à deux jours du scrutin présidentiel controversé du 31 octobre 2020 en Côte d’Ivoire.

« Ce qui va se passer au soir du 31 octobre c’est la catastrophe. Il faut discuter, négocier, parler ensemble. Il est toujours temps de le faire, il est toujours temps de parler », a déclaré Laurent Gbagbo au cours d’une interview diffusée ce jeudi 29 octobre sur TV5.

« J’attendais d’être de retour dans mon pays avant de parler mais, aujourd’hui, la date du 31 octobre approche. (…) Je vois que les querelles nous amènent dans un gouffre et en tant qu’ancien président, ancien prisonnier de la CPI, si je me tais ce n’est pas responsable », précise-t-il pour justifier sa prise de parole. Plus d’une demi-heure d’entretien où s’expriment son désir inassouvi de rentrer en Côte d’Ivoire, sa volonté de demeurer dans le jeu politique et son inimitié à l’égard d’Alassane Ouattara, candidat à un troisième mandat que l’opposition juge contraire à la Constitution.

Il estime en tant qu’« ancien président de la République, en tant ancien prisonnier, homme politique connu, si je me tais ça ne serait pas responsable. J’ai donc décidé de m’exprimer pour donner mon point de vue sur ce qui se passe en ce moment en Côte d’Ivoire et ma direction ; celle qui me semble bonne ».

Sur la question du troisième mandat qui constitue l’un des points de discorde au niveau des acteurs politiques ivoiriens, l’ex-président s’est clairement opposé à « cette pratique »« Je voudrais dire aux Ivoiriens que dans ce combat qui se mène autour du troisième mandat, je suis, moi Laurent Gbagbo, ancien chef d’Etat, ancien prisonnier de la CPI, résolument du côté de l’opposition », a-t-il indiqué.

Le samedi 31 octobre, les électeurs ivoiriens sont appelés aux urnes pour élire un nouveau président parmi quatre candidats, dont le chef de l’Etat sortant, Alassane Ouattara qui brigue un troisième mandat, et Kouadio Konan Bertin.

Les deux autres candidats que sont Henri Konan Bédié et Affi N’guessan, bien que retenus par le Conseil constitutionnel se sont retirés de la course. Avec le reste de l’opposition ivoirienne, ils ont appelé à la désobéissance civile afin d’empêcher la tenue de cette élection, exigeant la reprise totale du processus électoral qu’ils jugent non transparent.

Laurent Gbagbo, dont la candidature à cette élection a été invalidée par le Conseil constitutionnel a par ailleurs appelé les acteurs politiques à la responsabilité.

« Nous qui avons aujourd’hui un certain âge, qui sommes de cette classe politique qui a géré le pays depuis Houphouët-Boigny [premier président ivoirien, Ndlr], notre rôle est de laisser aux générations futures des règles claires et respectées. Il faut que nous donnions l’exemple du respect de ces règles », a-t-il insisté.

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