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Coronavirus : Comment les abidjanais se barricadent pour endiguer l’épidémie

Maquis et restaurant fermés, les transports limités, les écoliers désœuvrés… La Côte d’Ivoire a brusquement changé ses habitudes.

Pour éviter la propagation du Covid-19, les autorités ivoiriennes ont pris elles aussi des mesures drastiques. Des confinements, interdictions et fermetures pas toujours faciles à faire respecter dans des villes comme Abidjan où la promiscuité est souvent la règle et la débrouille un mode de vie. A Abidjan, les populations, prises de court, tentent de s’adapter.

Dans la capitale économique ivoirienne, les milliers d’élèves en uniforme qui cheminaient chaque matin vers les écoles se sont éparpillés. Depuis lundi 16 mars, les établissements scolaires ont fermé. « Ce sont des vacances anticipées, c’est la meilleure nouvelle de l’année », pour les élevés et étudiants abidjanais. Faute d’école et en l’absence de mesures de confinement, des milliers de jeunes se retrouvent chaque jour maîtres de leur emploi du temps. Bravant les mesures de distanciation sociale et d’hygiène, ils errent dans les quartiers avant de rentrer chez eux le soir, auprès de leurs parents.

A Abidjan, le 24 mars 2020.

21 heures, la vie s’arrêtée à Abidjan. En quelques minutes, les rues, d’habitude rythmées par le ballet infernal des piétons, des véhicules, se sont vidées. Les étals de Attiéké, poulets braisés, porcs au fours remballés à la va-vite. La fumée s’échappe encore d’un stand déserté. Quelques retardataires filent à toute allure, pressés de rentrer chez eux. Il faut faire vite avant l’arrivée des patrouilles des forces de l’ordre.

Le couvre-feu a sonné et restera en vigueur jusqu’à 5 heures du matin. Abidjan, ville morte. Quelques sirènes d’ambulance crient dans la nuit, comme pour rappeler l’urgence. Celle de cette pandémie due au Covid-19 qui s’accélère. En moins de trois semaines, plus de 50 déjà été recensés. Depuis, la capitale a perdu de sa frénésie et de ses couleurs.

Traditionnellement, Abidjan la festive grouille de restaurants de quartier qui servent à boire et à manger en musique. Mais, depuis le lundi 23 mars et l’instauration de l’état d’urgence, la fermeture des maquis rend la ville plus silencieuse, presque sans repères.

Depuis le début de la semaine, les gares routières sont pleines d’Abidjanais qui préfèrent rentrer « au village », à l’intérieur du pays, pour affronter la propagation du coronavirus et éviter le confinement généralisé qui se profile. A compter de ce dimanche 29 mars, à minuit, la capitale économique sera isolée du reste du pays, avec l’interdiction d’y entrer ou d’en sortir.

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